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1 nov. 2010

Je ne sais pas quoi mettre.

Phillip Lim

  Le "Je ne sais pas quoi mettre", leitmotive des mauvais jours, en chiffonne plus d'une. Face à une armoire pleine et à une multiplicité de combinaisons possibles, le choix est souvent rude. Particulièrement en hiver où pulls, gilets, collants et manteaux assortis viennent compliquer cette tâche périlleuse. Pourtant, comme en été, la solution est toute trouvée: la robe dite sac. Une appelation hautement familière qui ne fait que désigner le côté pratique et confortable de cette pièce incontournable. Avec une paire de ballerines ou une paire de bottes, des escarpins ou des boots, un duffle coat ou un imper: elle passe partout et facilite le quotidien. 

Ces deux petites robes signées Phillip Lim en sont le parfait exemple. La première, couleur ivoire et manches courtes, égaiera vos journées automnales tandis que la deuxième, en laine grise et noire, s'adaptera facilement au grand froid. Une bonne paire de collants, un gros gilet noir porté loose, le manteau qui vous chante: en deux temps trois mouvements, et même de mauvaise humeur, vous êtes prête, ni plus, ni moins.

24 déc. 2009

Histoire d'une modeuse chic qui devint pâtisserie des rêves




La modeuse des quartiers chic est en proie à une crise existentielle. Ce soir, c'est son grand soir. Jour de bal et grand tra la la la. Elle s'étire nonchalamment et s'imagine dans la robe Eli Volvo, que sa mère lui a joyeusement mise de côté, dans une boutique du XVIe arrondissement. Tout est dit. Tarte à la crème et paillettes princières. Merci bien. Encore a-t-elle réussi à échapper à la robe Sorbetière. Elle soupire. Non, Non, Non. Si elle a su contrer les tempêtes de neige, elle échappera à l'orientalisme d'Eli Volvo. Elle décide donc de prendre en main, son destin de pâtisserie avariée. Il lui faut du jamais vu, de l'extra ordinaire, sans niaiseries, ni fioritures. Elle feuillette deux trois magazines, surfe sur Youtube. Elle tombe sur un extrait d'Habillées pour l'été. L'intrépide Melle Agnès interviewe un jeune créateur, Maxime Simoens. Timide, il dévoile ses créations, avec délicatesse. Elle se souvient les avoir vues à Hyères. Une petite robe de satin violet retient immédiatement son attention. Déferlante de broderies perlées, coupe structurée, et volumes de tissus travaillés avec volupté, se déployant comme les belles pages d'un livre de collection: ce sera elle et aucune autre. Au diable Eli Volvo.

Ce soir-là, la modeuse des quartiers chic fut élégante, mais pointue. Sexy mais pas vulgaire. Une pâtisserie des rêves au milieu de pâtes à tarte.





18 déc. 2009

Histoire d'une modeuse désespérée

Il neige: Paris prend des airs moscovites et la modeuse s'affole. L'automne ayant été plutôt compatissant, elle n'avait pas prévu qu'un beau jour, il reneigerait sur la capitale. Son placard ouvert, terreur: elle se retrouve en bas de chez elle, affublée d'une doudoune vieille comme le monde, d'une paire de bottes confort mais pas très chic, et d'un gros pull pour sport d'hiver, peu saillant. De mauvaise humeur, elle arpente la rue du bac. Il est loin le temps où elle s'émerveillait devant trois flocons de neige. C'est plutôt la boue grisâtre qu'elle anticipe maintenant. Le pavé est gelé. Elle songe à son sens du style sacrifié. Non, elle ne passera pas l'hiver ainsi. Elle arrive au niveau du 114. Là, dans la vitrine, elle découvre une fourrure magique, électrique, et terriblement trendy, signée Phillip Lim. Coup de coeur. Elle est parfaite. Et quand elle pointe à nouveau son nez dehors, elle a même envie d'engager mille batailles de boules de neige.